Partager l'article ! Dans l'avion .. destination Djibouti: Djibouti, comme Zanzibar un nom au parfum exotique, un nom qui veut dire Afrique.. Somalie,  ...
Djibouti, comme Zanzibar un nom au parfum exotique, un nom qui veut dire Afrique.. Somalie, pirates, bateaux rançonnés, des soldats étrangers sur un bout de terre de la corne de l’Afrique de l’Est … les légionnaires … la sécheresse, la famine aussi .. C’était ma destination.. la voie nasillarde du commandant de bord au microphone me tira de mes pensées, « Nous commençons la descente vers l’aéroport de Djibouti ». Enfin !! Le voyage s’était passé sans encombres avec une escale par Istanbul, avant de repartir vers Addis Ababa pour ma destination finale.. Djibouti.
L’hôtesse avec un grand sourire et un regard qui s’attardait vint me demander gentiment de redresser mon siège et d’attacher ma ceinture. J’étais le seul passager en Business Class et j’avais eu durant le trajet, droit à une attention particulière d’Ismahan. Elle portait ce prénom avec beaucoup d’élégance, Tailleur vert d’Ethiopian, le teint cuivré, les cheveux portés haut sur la tête ne cachaient rien d’une crinière d’un noir brillant. Les yeux en amande, verts, avaient quelque chose d’innocents et de suggestifs en même temps, sa bouche à la lèvre inférieure charnue comme un quartier d’orange, cachait des dents alignées d’une blancheur immaculée. Ce visage de madonne reposait sur un cou fin et gracile, elle était grande de taille, un corps en amphore, des mollets aux attaches tellement fines que j’avais l’impression qu’ils allaient la lacher. Elle était vraiment parfaite.
On avait engagé la conversation, moi unique passager et elle un peu désœuvré mais contente de ne pas avoir un passager enquiquinant. Elle m’avait expliqué que sa mère médecin, éthiopienne, avait rencontré un médecin américain en Ouganda dans un camp de réfugiés, d’où ce teint de métisse qui lui donnait un bronzage naturel, ces yeux verts. Ils avaient vécu 18 mois ensemble, mais qu’il était reparti. Elle ne connaissait pas son père. C’était le genre de confidences, petites histoires que les gens échangeaient durant un vol, leur expérience personnelle, leur parcours, ce qu’ils faisaient, où ils allaient, des choses parfois très intimes, comme s’ils savaient que tout ce qui était confié dans l’avion mourrait à la descente de l’avion. Ismahan, assise sur son siège, me souriait. Elle était vraiment très belle.
Je me rappelle, ma première mission où j’ai transité par Nairobi, la première fois que l’Afrique venait à moi, je regardais comme un enfant le nom de destinations que je n’avais lu que dans les livres, Kilimandjaro, Kigali, Dar Essalam, Antananarivo, Kinshasa…Zanzibar, pour ne citer que celles là. La voix nasillarde repris dans le microphone « atterrissage immédiat ». L’avion se coucha sur son aile gauche pour un virage à 90° puis s’aligna avec l’unique piste d’atterrissage et se posa doucement sans accoups. Les passagers applaudirent le pilote, comme s’ils appréhendaient au fond d’eux mêmes que cela puisse se passer mal. Personne n’y pense au décollage.
Ismahan, me souhaita un agréable séjour avec toujours ce grand sourire magnifique. Je lui demandais ce qu’elle pensait du Sheraton, elle me répondit que l’équipage y descendait. Il était 11h20 du matin.
Sorti de l'avion, je fus immédiatemment assailli par la lumière aveuglante du soleil djiboutien, la chaleur était suffocante, l'odeur sur le tarmac faisait penser à un repassage à ciel ouvert avec cette odeur si caractéristique du fer à repasser. J'eu envie de rentrer dans l'avion et d'y rester. Welcome to Djibouti disait la pancarte en face de moi. Encore 100 mètres à parcourir jusqu'à l'entrée de l'arrivée sous ce soleil de plomb, ma chemise se colla instantanément dans mon dos, il faisait au moins 45 degrés.
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